Congruences
Congruences : Dans ce module, étude de la notion de congruence. |
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1/ Division euclidienne
Division euclidienne dans
Il existe un unique couple ( q , r ) d’entiers naturels tels que :
a = b x q + r avec 0 < r < b
Propriété :
« b divise a » si et seulement si « le reste de la division euclidienne de a par b est nul ».Division euclidienne dans
Il existe un unique couple ( q , r ) d’entiers realtifs tels que :
a = b x q + r avec 0 < r < lbl
Remarques :
1) si a et b sont des naturels, le couple obtenu dans les deux divisions est le même
2) dans tous les cas, r est un entier naturel
2/ Congruence : définition
Définition :
soient a et b deux entiers relatifs et n entier naturel, n > 2
a et b ont le même reste dans la division euclidienne par n.
On note
Remarques :
1) On dit aussi que a et b sont égaux modulo n.
2) La congruence modulo 1 ne présente aucun intérêt car dans la division e0uclidienne par 1, tout nombre a pour reste 0. Et donc deux nombres quelconques sont égaux modulo 1.
3) Cette notion de congruence a déjà été rencontrée en trigonométrie, où l’on
parle d’angles égaux modulo
De part sa définition, la relation de congruence présente trois propriétés évidentes :
Si a
Si a
Exemple :
5 et 14 sont-ils congrus modulo 3 ?
Leurs divisions euclidiennes par 3 sont : 5 = 3 x 1 + 2 14 = 3 x 4 + 2
5 et 14 ont le même reste dans la division euclidienne par 3 donc : 5

Si on ajoute 3 à 5 alors la division euclidienne devient :Etendons cette remarque au cas général :5 + 3 = 3 x 1 + 2 +3Le reste de la division est inchangé donc 8
8 = 3 x (1+1) + 25[3]
Et l’on peut faire pareil avec le nombre trouvé.
Le résultat est également le même si au lieu d’ajouter 3, on enlève 3.
Comme tous ces nombres sont congrus à 5 modulo 3, par tansitivité,
ils sont congrus deux à deux modulo 3.
On peut remarquer que la différence entre deux de ces nombres est un multiple de 3.
3/ Congruence : équivalence
Propriété :
soient a et b deux entiers relatifs et n entier naturel,
aDémonstration :b [n] ⇔ n divise (a-b)
Sens direct :Soient a et b congrus modulo n.
Il existe q et r entiers relatifs tels que : a = n x q + r avec 0 < r < n
b ayant le même reste, il existe q’ entier relatif tel que : b = n x q’ + r
D’où a - b = n x q - nq’ = n x (q - q’)
Donc n divise (a-b)
Sens réciproque :Supposons que n divise (a-b). Alors il existe k entier relatif tel que : a-b = nk.
Soit r le reste dans la division euclidienne de a par n :
a = n x q + r avec 0 < r < n
Alors : b = a - nk = n x (q - k) + r
Avec 0 < r < n et q-k entier relatif
donc r est le reste dans la division euclidienne de b par n.
a et b ont le même reste donc : ab[n]
Remarque :
Pour montrer que deux nombres sont congrus modulo n, il suffira donc de montrer que leur différence est un multiple de n.
Conséquences :
aRemarque :0[n] ⇔ n divise a
en particulier, n divise n et n divise 0 donc : n
Quel que soit d entier naturel supérieur ou égal à 2 :
Démonstration :
donc n divise (a-b) Or par transitivité : si d divise n alors d divise (a-b).4/ Congruence : restes et classes
Par conséquent : ab[d]
En trigonométrie où il est question d’angles égaux modulo
comprise par exemple entre 0 et
Cette idée de choisir un représentant pour un ensemble de nombres égaux modulo
Propriété :
soient a entier relatif et n entier naturel, n > 2
Si r est le reste dans la division euclidienne de a par n alors ar[n]
Démonstration :
En effet, si r est le reste dans la division euclidienne de a par n alors
il existe q entier relatif tel que : a = n x q + r avec 0 < r < n
Donc n divise (a-r) et par conséquent a est congru à r modulo n.
Propriété réciproque :
soient a entier relatif et n entier naturel, .
Si ar[n] et 0 < r < n alors r est le reste dans la division euclidienne de a par n.
Démonstration :
Si a et r sont congrus modulo n alors n divise (a-r) et il existe donc k entier relatif tel que : a - r = n x kD’où a = n x k + r
Or 0 < r < n
Donc il s’agit de la division euclidienne de a par n et r en est le reste.
Si a
compris entre 0 et n exclu.
Cet entier étant le reste dans la division euclidienne de a par n.
Chacun des restes possibles dans la division euclidienne par n peut donc être considéré comme
le représentant d’un ensemble de nombres qui lui sont congrus modulo n.
Ces classes forment une partition deExemple :.
C’est à dire que leur union est égale à, et que leurs intersections, deux à deux, sont vides.
Considérons l’ensemble
Les restes possibles dans la division euclidienne par 2 sont 0 et 1.
Donc quel que soit a entier relatif :
* Soit a0[2] , ce qui est équivalent à 2 divise a ( a pair )
* Soit a1[2] , ce qui est équivalent à 2 ne divise pas a. ( a impair )
mais voir les choses de cette façon permet d’avoir une vision plus claire de la congruence.
Forts de ce découpage en classes, on pourra ramener la résolution de certains exercices
à une simple étude de n cas,
correspondants aux différents restes possibles dans la division euclidienne par n.
Les démonstrations des propriétés qui suivent peuvent faire l’objet d’un R.O.C.
Soient a, b, a’ et b’ quatre entiers relatifs et n entier naturel, n > 2
Conséquence :
Conséquences :
La congruence est compatible avec la multiplication.
Conséquences :
![]()
![]()
Conséquence de 1 et 4 :
La propriété 4 peut être montrée par récurrence et les déductions 2 et 5 utilisent le fait que : c
mais attention :
La congruence n’est pas compatible avec la division !

En particulier parce que la congruence est une notion qui s’applique à des nombres relatifs
et que le rapport de deux relatifs n’est pas toujours un relatif. Et même si les rapports sont des entiers, il faudra se méfier des simplifications abusives
en particulier lors de la résolution d’équations modulo n.
45 et 63, multiples de 3 sont congrus à 0 modulo 3 donc : 63
En simplifiant par 9, on obtiendrait :7
Or : 7-5 = 2 qui n’est pas un multiple de 3 et donc : 7
Exemples de manipulations de la congruence :
Exercice n° 1 :
Montrer que le produit de deux nombres impairs est un nombre impair.
Soit n et m deux nombres impairs.
n impair ⇔ n
Comme la congruence est compatible avec la multiplication : n x m
n x m
Conclusion : le produit de nombres impairs est un nombre impair.
Exercice n° 2 : Déterminer le reste dans la division euclidienne de :
a ) 5416 par 3L’idée est ici de trouver un représentant plus simple du nombre puis d’appliquer la puissance.
b ) 2117 par 4
c ) 232 par 4
d ) (-39)3 par 7
e ) 12013par 11
Dans la plupart des cas, on pourra se contenter de prendre comme représentant le reste dans la division euclidienne.
a ) 5416 par 3
Ce cas est extrêmement simple : 5+4 = 9 donc 3 divise 54.D’où 54Et comme la congruence est compatible avec la puissance : 54160[3]
016[3]
D’où : 5416016[3] , le reste dans la division euclidienne de 5416
par 3 est donc 0.
b ) 2117 par 4
21 = 4 x 5 + 1 Donc : 211[4]
D’où : 2717117[4]
D’où : 2717117[4] , le reste dans la division euclidienne de 2717 par 4 est donc 1.
c ) 232 par 4
23 = 4 x 5 + 3Donc 23Soit : 2323[4]
D’où : 23232[4]
9[4]
Or : 94 x 2 + 1
Donc : 91[4]
2321[4]Le reste dans la division euclidienne de 232 par 4 est donc 1.
d ) (-39)3 par 7Remarque :
La division euclidienne est plus difficile à manipuler dansque dans
.
Cherchons donc plutôt un multiple de 7 proche de (-39).
-39 = -42 + 3
-42 est un multiple de 7 donc : -393[7]
une façon simple de travailler, par exemple modulo 7, est de se dire que :
• tout multiple de 7 compte pour 0,
• de la même façon que nous éliminons tout multiple de
D’où : (-39)3Le reste dans la division euclidienne de (-39)3 par 7 est donc 6.27[7]
Or : 27 = 3 x 7 + 6
Donc : (-39)36[7]
e ) 12013 par 11Le reste dans la division euclidienne de 12013 par 11 est donc 10.
120 = 11 x 10 + 10Donc : 120Mais mettre 10 à la puissance 13 ne va pas faciliter la résolution du problème.10[11]
Il est donc ici plus judicieux d’utiliser un autre représentant de la classe :
en enlevant 11 à 10, on obtient que : 10-1[11]
D’où : 12013(-1)13[11]
Soit 12013-1[11]
6/ Petit théorème de Fermat
Petit théorème de Fermat :
Soient p un nombre premier et a un entier naturel non nul.Remarques :
Si pgcd (a ; p) = 1 alors ap-11[p]
1) La démonstration de ce théorème, assez technique, est ici admise.
2) Ce théorème, quand il est nécessaire à la résolution d’un exercice de BAC, est souvent rappelé dans l’énoncé.
Mais pas systématiquement donc …
3) Rappel : si p est premier alors « a est premier avec p » si et seulement si « p ne divise pas a ».
Corollaire du petit théorème de Fermat :
Soient p un nombre premier,
quel que soit a entier naturel : apa[p]
Démonstration :* Si a est un entier naturel non nul et si p ne divise pas a alors a et p sont premiers entre eux et d’après le petit théorème de Fermat :ap-1* Si a est un entier naturel non nul et si p divise a alors : a1[p] D’où : a x ap-1
a x 1[p] Et donc : ap
a[p]
0[p]
Donc : ap0[p] D’où ap
a[p]
* Si a vaut 0 , 00[p] donc a
0[p]
On retombe alors sur le cas précédent.
Quel que soit a, on a donc bien : apa[p]
Exemple d ’utilisation :
Montrer que 3 divise n3 - n quel que soit n entier naturel.
3 est un nombre premier donc d’après le corollaire du petit théorème de Fermat :
quel que soit n entier naturel : n3n[3]
D’où : n3- n0[3]
Par conséquent : 3 divise n3 - n , pour tout n entier naturel.
La notion de congruence est en général traitée à la fin du chapitre d’arithmétique.
C’est pourquoi il n’est pas rare que les exercices sur la congruence fassent intervenir
la résolution d’équations diophantiennes.
Cependant certains professeurs traitent la congruence avant les équations diophantiennes,
c’est pourquoi par souci d’équité, les exercices dans votre espace membre n’abordent pas cette notion.
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